New Dawn : 1. Versus

Bonjour et bienvenue sur le blog du premier tome de la saga "New Dawn"

Vous trouverez ici l'intégralité de ce premier livre.
Bien qu'une relecture ait été effectuée avant la publication, sachez que la version que vous vous apprêtez à lire n'est qu'un bourillon, et que par conséquent il reste encore pas mal de fautes à corriger et de choses à modifier
(notament des ressemblances avec Twilight au début de l'histoire :/)
     Nous nous excusons à l'avance pour les fautes d'orthographe et d'incohérence, mais sachez que la réécriture débutera en juin prochain. 
Surtout n'hésitez pas à nous dire ce que vous pensez, c'est notament pour ça que nous avons choisi de publier notre roman sur internet, car tout commentaire nous aidera à améliorer cette première version lors de la réécriture !
                                   
             Bonne lecture !

                                                                              Les auteurs, Raphaëlle & Eve.

Synopsis


Kya est une vampire. Elle est grande, sportive et a une forte personnalité. Lira est humaine. Elle est petite, fragile et innoncente. Tout semble les opposer, elles ne se connaissent pas, et pourtant elles sont toutes deux au bord du gouffre. L'une prisonnière de son destin, l'autre telle un oiseau en cage. Mais lorsque Lira et son frère Matthew débarquent dans la vie de Kya et James, commence pour elles une aube nouvelle...



Mercredi 12 août 2009 3 12 08 2009 11:13

Imaginez 200 vampires vivant en communauté dans un ancien hôtel réaménagé en une luxueuse résidence. Cette communauté,  j’en faisais partie. Vue comme ça ma vie avait l’air parfaite. Mais c’était loin d’être le cas...


FEVRIER

Vendredi 7

 

Il était là, assis en face de moi, à me déballer sa vie... Et moi qui trouvais mon existence dénuée d’intérêt... J’avais vraiment de la peine pour lui. Enfin du moment qu’il ne me posait pas de question, cela me convenait. A en croire son dévouement, raconter sa vie semblait nécessaire pour devenir amis ici. C’était pour ça que je redoutais très fortement le moment où il me demanderait de lui décrire ma famille, de lui dire d’où je venais et ce que j’envisageais de faire après les études. Je cherchais dans ma tête le meilleur plan pour pouvoir me sortir d’ici, mais j’avais peur de faire une gaffe. Je ne devais absolument pas me faire remarquer, et donc en aucun cas, avoir un comportement qui laisserait penser que je ne suis pas une personne normale. Le problème était que je ne savais pas comment une personne normale était censée agir dans une situation comme celle-ci. J’avais décroché depuis un moment déjà, mais mon esprit revint à la conversation lorsqu’il s’adressa à moi.

-           Tu es sûre que tu ne veux rien manger ?

-          Non c’est bon, j’ai déjà déjeuné.

-          D’habitude, le midi je mange avec ma mère en ville. Oui car en fait j’ai de la chance avec mon emploi du temps : j’ai toujours deux heures de pause le midi...

C’était reparti. Seul un miracle pouvait me sortir de là.

-          Et au fait, tu suis plusieurs cursus en même temps ?

Et voilà, il prend le tournant que je redoutais.

-          Qu’est ce qui te fait dire ça ?

-          Et bien je ne te vois que très rarement à la fac d’économie. Tu ne sembles venir que pour les cours qui t’intéresse.

-          Heu oui... heu... en réalité je ne suis pas étudiante mais je viens de temps en temps pour me cultiver, lui dis-je avec un sourire forcé qui était censé envoyer le message maintenant, tu la fermes.

Le message passa mal puisqu’il enchaina en me demandant ce que je faisais si je n’étais pas à l’université.

Au moment même,  je senti mon portable vibrer dans ma poche et m’empressai de le sortir. Je venais de recevoir un SMS de James : « Urgence. Retrouve-moi à la voiture. » Merde, qu’est ce qui a bien pu se passer ?

-          Je suis désolée, mais je vais devoir y aller, dis-je en attrapant mon sac et en le balançant sur mon épaule

-          Attend ! Est-ce qu’on va se revoir ?

-          Non je ne crois pas. Salut.

Et je sortis du restaurant universitaire, chose que j’aurais du faire vingt minutes plus tôt. Comment j’ai pu imaginer que ce mec serait plus passionnant que les autres personnes de la fac ?  Juste parce qu’il s’était assis comme moi, au premier rang ?

En arrivant sur le parking, j’aperçus James posé contre le flan de ma Mini noire, l’air étonnamment décontracté pour une urgence.

-          Alors ? Qu’est ce qui se passe ?

-          Il se passe que je viens d’accomplir ton miracle. Tu pourrais au moins me remercier.

-          Tu sais très bien que je déteste quand tu fais ça. C’est vrai, c’est flippant.

-          Désolé, à l’avenir j’essayerai de m’abstenir. Mais d’un côté ton esprit regorge de pensées qui mériteraient d’être partagées.

Je le poussai amicalement, ce qui faillit le faire tomber et nous nous mîmes à rire.

-          Bon,  je reprends dans un quart d’heure,  je vais y aller. Tu ferais mieux d’aller au labo. Si ton père savait que tu passes du temps ici, il n’apprécierait pas.

-          Arrête de parler comme un adulte, ça ne te va pas.

Il me fit un sourire, puis, les mains dans les poches, s’en alla du parking. James était une des personnes dont j’étais le plus proche. C’était un peu comme mon petit frère. Nous étions inséparables, et toujours là l’un pour l’autre.

J’arrivais devant le bâtiment des sciences de l’université et gravis sans problème les quatre étages qui menaient à la salle où nous faisions nos recherches. Ce qui était bien avec l’université c’était que dès lors que les gens vous prenaient pour un étudiant, vous pouviez jouir de tout ce qui était à votre disposition, dont les laboratoires. Et se faire passer pour un étudiant, il n’y avait rien de plus facile. Il suffisait d’être jeune, ou du moins d’avoir l’air jeune. Mais au cas où, nous avions des cartes d’étudiant, fausses bien sûr, mais d’une facilité enfantine à reproduire. Moi, je n’en avais pas,  l’université n’était pas mon domaine d’action, si j’y étais aujourd’hui, c’était juste en reconnaissance. Mais Natasha, elle, travaillait pour nous ici.

-          Alors, du nouveau ?

Je venais régulièrement lui rendre visite à son travail. Natasha était une bonne amie et ces visites étaient plus qu’une simple routine de contrôle,  je prenais plaisir à l’écouter me parler de ses découvertes.

-          Et bien, en décomposant la lumière blanche et en analysant séparément les ondes électromagnétiques qui la composent, j’ai découvert qu’une seule de ces ondes est dangereuse pour nous : l’ultra-violet.

-          Ce n’est pas vraiment nouveau... les humains aussi la craignent...

-          Oui... leurs fameux ²coups de soleil². Mais vois-tu, ils ne réagissent pas de la même manière que nous quant à l’interaction entre leur corps et les ondes. Exemple simple : contrairement à nous, ils sont incapables de percevoir les ondes infrarouges. Leur corps a comme... une sorte de barrière naturelle, ce qui limite grandement l’utilisation de leur cinq sens. Pourquoi ? Durant toute leur évolution, les humains se sont contentés d’une partie minime de leur sens, celle qui leur suffisait pour survivre. Laissant de grandes capacités inutilisées, celles-ci se sont dégradées naturellement. En revanche, nous, nous avons adopté un mode de vie complètement différent du leur, et avons pleinement développé nos sens.

-          Ce qui veut dire qu’au départ nous étions donc les mêmes, nos deux espèces ont seulement choisit une branche différente dans l’évolution

-          C’est à peut près ça, oui. Pour en revenir à nos moutons, je pense pouvoir concevoir une arme qui nuira à nos très chers amis Mortego. Mais cette arme nous sera aussi fatale. Si nous la concevons elles ne doit jamais tomber entre leurs mains.

-          Tu veux utiliser les ultra-violets ?

-          Oui c’est exactement ça. Mais pour ça j’ai besoin de l’autorisation du conseil pour pouvoir travailler sur ce projet avec les armuriers.

-          Ton idée semble intéressante. Je pense que le Conseil sera tout disposé à t’écouter afin que tu leur explique en détail ce que tu a l’intention de faire. Je vais parler à mon père pour qu’ils puissent te recevoir dès ce soir.

-          O.K. et pour les convaincre j’ai prévu une petite démonstration... mais il va me falloir un autre cobaye.

-          Je m’en charge

Nous échangeâmes un sourire complice, puis je repartis. Je descendis un étage et regardai l’heure sur la pendule qui était accrochée au mur : 13h55. Les cours reprenaient à 14h00. Et je n’avais rien à faire à la résidence mis à part prévenir le conseil, ce qui pouvait attendre. Je décidai donc d’assister à un cours, scientifique pour une fois. Je descendis à nouveau un étage et vis un groupe d’étudiants. Je les suivis et entrai dans l’amphithéâtre. Je m’assis au fond de la salle pour ne pas trop attirer l’attention. Le cours était sur l’évolution de l’être humain, ce qui me fit sourire. C’était exactement ce qu’il me fallait. Bien sûr, ce n’était pas en étudiant que j’allais rencontrer du monde, mais ce cours me permettrait au moins d’en apprendre plus sur ces êtres qui me fascinaient tant. Deux heures plus tard, le cours se terminait. Comme je l’avais trouvé très intéressant, je décidai d’y retourner la prochaine fois. J’interceptai une étudiante qui s’apprêtait à sortir et lui demandai s’ils avaient cette matière un autre jour que le vendredi. Elle me dévisagea comme si je débarquais tout juste d’un autre monde, ce qui en soi n’étais pas totalement faux, et me dit :

-          Oui, le mardi à 8h30, en amphi A.

Puis elle tourna les talons,  suivie par ses deux amies, alors que j’entamai mon « merci », qu’elles n’entendirent probablement pas. Mais je pus entendre l’une d’elle dire : « non mais vous avez vu cette fille ? Moi elle me fais froid dans le dos »

Je restai plantée là, toute seule au milieu du couloir. Je regardai par la fenêtre et aperçus mon reflet sur la vitre. J’avais la peau pâle, car je ne me mettais jamais au soleil. Mes cheveux étaient d’un blanc étincelant et m’arrivaient jusqu’au milieu du dos, et une frange assez longue cachait en partie mes yeux d’une couleur jaune vif autour de l’iris pour virer au gris près de ma pupille. J’avais les traits fins : mon visage était ovale, ma bouche était petite mais parfaitement dessinée, et mon nez assez long, plutôt mince, s’accommodait parfaitement à la forme de mon visage. A la résidence j’étais réputée pour être d’une beauté extraordinaire. Mais peut être un peut trop extraordinaire pour les humains justement... J’avais remarqué qu’aucun étudiant n’avait les cheveux blancs. C’était peut être ça qui les troublait... D’un autre coté, à la résidence non plus personne n’avait les cheveux blancs, mis à part les ainés. Mais au moins là-bas ça ne gênait personne. Mon père disait que c’était parce que je venais du nord, que là bas nous étions tous comme ça : yeux clairs et cheveux blancs, comme la neige.

En réalité mon père était mon père adoptif. Il m’avait trouvée toute petite, perdue dans les plaines enneigées du grand nord. Et je n’avais que très peu de souvenirs de ma vie d’avant.

Un rayon de soleil perçât les nuages et arrivant jusque sur mon reflet sur la fenêtre, lui donnât plus d’intensité, me fit sortir de mes pensées. Il était temps que je rentre.

Sur le chemin qui menait jusqu’à ma voiture j’écrivis un SMS à James pour savoir à quelle heure il terminait et s’il voulait que je le ramène. Il me répondit deux minutes plus tard : « Encore 1h de cours. J’rentrerai en bus. Jte vois là bas. Biz »

 

Je poussai la porte d’entrée de la résidence, ne prêtant aucune attention à mon for intérieure qui me criait de faire demi-tour et de m’enfuir loin d’ici. De toute façon je n’avais nulle part d’autre où aller. Mon père m’attendait dans un des fauteuils du hall d’entrée, comme je le redoutais.

-          Je peux savoir ce que tu as fais toute la journée ?

-          Je suis sortie, tu ne l’as pas remarqué ?

-          Ne me parle pas sur ce ton. Ton comportement me fait honte. Tu es la seule à briser les règles ici. Comment espères-tu accéder au sous-conseil si tu agis comme une adolescente irresponsable ?!

-          Premièrement, ces règles ont été très mal établies ! Pourquoi sous prétexte que j’ai quelques années de plus que ceux de la génération scolarisée, je ne pourrais pas étudier comme eux ?

Tous les regards étaient maintenant braqués sur nous, ce qui mettait mon père très mal à l’aise.

-          Elles ont étés établies par le Conseil pour notre sécurité à tous et tu n’as pas à les discuter...

-          Et deuxièmement, lui coupai-je la parole, je me fiche du sous-conseil ! Tout ce que je veux c’est être libre, libre tu m’entends ! Rester enfermé ici tout la journée, ce n’est pas la vie que j’ai choisi. Mais si mon choix de vie et la vie que je suis censée vivre ici ne sont pas compatibles à cause de vos foutues règles, alors ne me demande pas de choisir, tu sais quelle sera ma réponse !

L’occasion de me répondre ne lui fut pas donnée. Je gravis quatre à quatre les marches jusqu’au dixième étage sans prendre la peine de m’arrêter ou de répondre aux personnes qui m’abordaient. Arrivée dans ma suite, je claquais la porte derrière moi et me jetais sur mon lit. J’étais rempli de colère et de tristesse, mais je ne pleurais pas. Je n’avais jamais pleuré. Cela ne m’apportait ni la paix, ni le réconfort. Je me demandai alors si ma vie avait un sens, un chemin déjà tracé que je devais suivre. Ou si, justement, c’était à moi de décider de mon avenir, avenir dicté par mes choix et non le destin. Je n’avais jamais pu me résoudre à la première hypothèse. J’avais toujours pris ma vie en main, n’écoutant que moi, traçant mon propre chemin. Mais ce chemin était parsemé d’obstacles,  j’en avais conscience. Il eut été plus facile pour moi de choisir la vie que mon père et le Conseil avaient décidée pour moi. Mais j’avais fait mon choix, et rien ni personne ne pouvait m’obliger à faire demi-tour.

Par Kya - Publié dans : New Dawn - Communauté : Romans en ligne
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Mercredi 12 août 2009 3 12 08 2009 17:53

 

Samedi 8

J’entrouvris les paupières et aperçus la lueur de l’aube se faufiler à travers les rideaux que je ne me rappelais pourtant pas avoir fermé la veille. J’avais dû, encore une fois, m’endormir en refaisant le monde, puisque je portais encore mes vêtements. Je tournais alors la tête et vis William qui dormait encore profondément. Je ne pu résister à ce magnifique visage et l’embrassa sur la pommette, ce qui le fit légèrement plisser le nez. Je passais ma main dans ses cheveux et enroulais une de ses boucles noires et soyeuses autour de mon index. Je me levais le plus silencieusement possible pour ne pas le réveiller, ôtais mes vêtements et m’en allais dans la salle de bain. J’attrapais mes longs cheveux à leur base et leur fis faire plusieurs tours avant de les attacher à l’aide d’un pic en bois pour ne pas les mouiller. Je me glissais dans la douche et ouvris le robinet d’eau froide. Le premier contact de l’eau glacée sur ma peau me fit un choc, puis un frisson parcourut mon corps. J’adorais cette sensation.

Ma douche terminée, j’entrais dans mon dressing, enfilais ma combinaison de cuir et mes bottes. J’ouvris le premier tiroir  de la commode qui se trouvait à gauche de l’entrée de notre chambre, pris mon 9 millimètres et le rangeais dans l’étui de ma ceinture prévu à cet effet.

James m’attendait déjà en bas des marches de notre silencieux palace. Nous étions les premiers levés.

-          En retard, ça ne te ressemble pas.

-          J’ai oublié de mettre mon réveil hier soir excuse-moi.

-          Je vois ça.  A quelle heure t’es-tu couchée ? Je suis passé te voir vers 19 heures mais Will m’a dit que tu dormais déjà.

-          Ha oui... je devais être fatiguée... Enfin bref. Avec tout ça j’ai n’ai pas mangé hier soir et je suis affamée !

-          Petit déj’ ?

-          Allons-y !

Nous sortîmes de la résidence, direction les bois. C’était un rituel depuis que nous nous connaissions : au lever du jour, alors que la ville était encore endormie, nous sortions chasser, profitant de l’aurore qui chaque jour offrait un spectacle unique. C’était le seul moment de la journée ou nous pouvions rêver librement, dans cet endroit aux allures de forêt enchantée. 

-          Kya.  James me montra des traces sur le sol. Elles sont toutes fraîches, me dit-il.

Je me baissais pour les examiner de plus prêt.

-          Lièvre, lui répondis-je. Il y en a deux.

-          C’est parti !

Je sorti mon 9 millimètres, et nous nous mîmes à suivre les traces. Au bout de quelques mètres, du bruit se fit entendre dans un buisson sur notre droite ; James siffla et les deux lièvres jaillirent du buisson. Je ne me fis pas prier : Je tirai deux coups, troublant le silence de la forêt, et abattais mes deux cibles du premier coup.

-          Quelle classe ! Tu m’impressionneras toujours, me complimenta James.

-          Merci.

 

En arrivant à la résidence, nous nous séparâmes : James monta à sa suite alors que je restais dans le hall. Des mains se posèrent délicatement sur mes hanches et une voix me murmura à l’oreille : « J’adore quand tu porte ta combinaison... tu es si sexy...». Le souffle froid  au contact de mon cou me fit frissonner de plaisir et je me retournai vers mon interlocuteur. William me prit dans ses bras et m’embrassa passionnément.

-          Bonjour les tourtereaux !

-          Bonjour Natasha, répondit Will.

-          Meeeeeeeeeerde ! J’ai complètement oublié de parler de ton projet au conseil !

-          Bon, je vous laisse les filles ! A plus tard Kya.

-          Ne t’inquiète pas ; j’ai eu vent de la petite conversation que ton père et toi avez eu hier. Je pense que ce n’était pas vraiment le moment pour parler de moi.

-          Viens avec moi.

Nous montâmes dans le premier ascenseur qui arriva. Par chance il était vide : à cette heure-ci les gens avaient plutôt tendance à descendre qu’à monter. Nous nous arrêtâmes au dernier étage de notre résidence, le dix-huitième. C’était celui réservé aux membres du Conseil. Il comprenait 4 suites, pour les 4 membres de celui-ci, une salle de réunion, et un petit bureau: le secrétariat. C’est ici que nous nous adressâmes. Je frappais à porte mais personne ne répondis. C’est alors que nous croisâmes Rodolphe dans le couloir, le plus vieux d’entre nous et membre du conseil depuis près de 300 ans.

-          Toujours aussi matinale à ce que je vois, mon enfant.

-          Bonjour Maître. Désolée de vous importuner de si bonne heure, mais mon amie ici présente souhaiterait passer devant le Conseil pour lui présenter l’aboutissement de ses recherches et aurait une requête à vous faire.

-          Et vous êtes ? demanda-t-il, se tournant vers Natasha

-          Natasha. Je fais partie de l’équipe de recherche scientifique qui travaille à l’université.

-          Mais oui bien sûr, Natasha ! J’ai entendu parler de toi. Quand voudrais-tu nous présenter ce projet ?

-          Demain matin ne serait-il pas trop tôt ?

-          Du tout. Je me charge d’organiser tout ça. As-tu besoin de quelqu’un d’autre que les membres du Conseil et du sous conseil ?

-          Oui, j’aurai besoin de la présence du responsable de la section des armes, si cela est possible. J’aurai quelques questions à lui poser.

Il se tourna vers moi. Un regard de sa part me suffit pour comprendre sa requête. Nous communiquions toujours de cette façon ; nous n’avions pas besoin de mots pour nous comprendre.

-          C’est d’accord, je m’en charge, dis-je. Pour quelle heure dois-je le convoquer ?

-          9 heures. Cela vous convient-il ? lança-t-il à Natasha.

-          C’est parfait, merci beaucoup.

-          Et merci à toi Kya

-          Pas de problème. Contente d’avoir rendu service !

 

Dans l’ascenseur,  je demandais à Natasha ce qu’elle avait prévu de faire maintenant

-          Je retourne à l’université, pour être sur qu’il ne me manque rien. Je ne voudrais pas loupé ma première présentation devant le conseil.

-          Un samedi ? L’université est ouverte le samedi ?

-          Bien sûr que oui, même s’il n’y a aucun cours. Et toi, tu as des projets pour aujourd’hui ?

-          Et bien déjà je vais réquisitionner Dylan pour toi et il faut aussi que je t’attrape un cobaye, lui dis-je en souriant.

L’ascenseur s’arrêta.

-          C’est ici que je descends. Merci pour tout ce que tu fais pour moi.

-          De rien.

Elle retint la porte.

-          Tu sais, si tu étais aussi gentille avec les autre que tu l’es avec moi ou Dylan, la vie te semblerai bien plus agréable.

-          Je sais bien...

La porte se referma, et je restais seule dans l’ascenseur. D’une certaine façon elle avait raison. Mais les gens autour de moi me semblaient insipides et transparents, et je les avais côtoyés depuis bien trop longtemps. Je savais qu’il y avait des personnes dans ce monde que j’étais vouée à rencontrer. Des personnes différentes des autres,  qui me comprendraient.

James faisait partie de ces personnes. Je l’avais rencontré il y a de cela 13 ans. Il appartenait alors à la communauté des Mortego, mais ne se considérait pas comme l’un des leurs. Il refusait de se nourrir de sang humain et avait tué un de ses supérieurs lors d’un règlement de compte. Il avait alors été condamné à mort par les siens.

C’était à ce moment là que j’étais intervenue. Je faisais ma ronde de nuit habituelle dans la forêt. Car  les Mortego ne se manifestaient pas en plein jour : c’était la nuit qu’ils sortaient. Certains allaient chasser, des humains évidement, pendant que d’autres nous attaquaient. Mon boulot à moi consistait à protéger nos chasseurs de ces attaques, ainsi que de tuer tous ceux  qu’il m’était donné de croiser. Nous fonctionnions généralement par groupe de deux : un chasseur avec un tireur.
Il existait une sorte de guerre à trois, dont les humains ignoraient totalement l’existence alors qu’ils étaient la cause même de ce conflit. Cela avait commencé il y a des siècles : les humains nous considéraient comme des monstres et n’approuvaient pas notre existence. Pourtant, nous étions nous aussi des êtres humains...  Enfin mis à part que nous étions légèrement cannibales et alors ? Où était le mal ? Bien d’autres peuples avaient été cannibales avant nous. Oui « avaient été » car cette tendance n’avait pas plu aux humains. C’est pourquoi les peuples cannibales ont disparu. Les seuls vestiges de cette civilisation qui n’ont pas pu résister à la tentation d’un bon morceau de chair fraîche se sont retrouvés empalés ou brulés vifs. Nous,  les vampires, étions légèrement différents des cannibales à proprement parler. Nous nous nourrissions aussi de sang, dont du sang humain. Boire pendant toutes ces années le sang de nos parentés avait décuplé nos sens, notre force et notre durée de vie. Mais au Moyen âge, alors que nous nous faisions de plus en plus nombreux, tout comme le nombre de nos victimes, les humains ont commencé à nous traquer. Alors nous avons du nous effacer,  vivre dans l’ombre et ils ont fini pas nous oublier ; notre existence pour eux est alors devenue un mythe. Cependant certains d’entre nous ont fini par sortir de l’ombre, revendiquant leur existence au même degré que celle des autres humains. Mais il est bien connu que l’homme craint tout ce qui est différent de ce qu’il a l’habitude de voir. Et une partie d’entre nous craignait qu’une guerre n’éclate, ou plutôt un génocide : car  l’issue de cette guerre serait évidemment la mort pour nous tous, trop peu nombreux à coté des hommes. Deux clans se sont alors formés : ceux qui préféraient rester dans l’ombre, et ceux qui avaient choisi de vivre pleinement leur vie de vampire : les Mortego. Toute cohabitation était impossible, et pourtant, nous vivions à moins d’une dizaine de kilomètres les uns des autres. C’est pourquoi nous nous entretuions.  Ma vie consistait donc indirectement à protéger les humains qui ne savaient même pas que j’existais.

J’étais donc en train de surveiller les environs, quand je sentis la présence de 3 Mortegos. Le plus sage aurait été de m’éloigner le plus vite possible et de revenir avec du renfort. Mais, bien que je sois de plus en plus prêt, ils ne semblaient pas sentir ma présence. Ceux là n’étaient donc ni des tueurs, ni des chasseurs. Intriguée, je continuais de m’avancer jusqu’à pouvoir entendre ce qu’ils disaient.

-          Ici c’est bon? On est assez loin. dit celui de gauche.

-          Ouai ça devrait aller. Finissons en je n’ai pas que ça à faire moi, répondis celui de droite

Le troisième, qui se trouvait entre les deux autres, ferma les yeux. Le premier l’obligea à s’agenouiller par terre, lui tenant les mains dans le dos, pendant que le second sortait une arme.

Je n’eu pas le temps de réfléchir, mon instinct pris le dessus : je sortis mon 9 millimètres et tira une première balle sur celui qui tenait l’arme, en pleine tête, puis sur le second encore debout, qui s’apprêtait à dégainer. En pleine tête également. Le troisième, encore à genou, me dévisagea alors avec un regard je ne pourrai jamais oublier. Il n’y avait ni peur, ni reconnaissance dans ses yeux, mais plutôt une sorte de compréhension, comme si il avait lu dans les miens et que, comme lui, je ne me sentais pas parmi les miens ici. Comme il n’avait nulle part où aller, je le ramenai à la résidence et le présentai au conseil, il devint l’un des nôtres.

 




Par Kya - Publié dans : New Dawn - Communauté : Romans en ligne
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Jeudi 20 août 2009 4 20 08 2009 11:04

Dimanche 9

 

La voiture ralentit pour se garer devant une petite maison en brique perdue en pleine campagne.

Mon frère descendit puis m'ouvrit la porte qui donnait sur l'entrée de notre nouveau logement. Il alluma la lumière et je pus voir la configuration du rez-de-chaussée : une porte à droite menait à la cuisine, une à gauche donnait sur le salon, un escalier en bois était collé contre ce même mur et au fond il y avait une autre porte, probablement celle du bureau.

-          Alors tu aimes? Me demanda Matthew

-          Hum... répondis-je sans trop de conviction

-          Allez, tu vas voir ça va être génial !

-          Si tu le dis...

-          Je vais chercher le reste des bagages, commence à visiter si tu veux.

-          Ok

Je soulevai mes valises et montai au premier étage. En haut, s'étendait un grand couloir qui se terminait par une porte; il y en avait deux autres : l'une à gauche et l'autre à droite. La configuration était la même qu'en bas. J'entrais dans la première puis dans la deuxième où je décidais de rester, mon frère avait dû anticiper ma décision puisque certains de mes meubles étaient déjà installés. Je m'assis par terre et soupirais, « c'est reparti pour une nouvelle vie. Encore... »

C'était la troisième fois qu'on déménageait avec Matthew ; celle-ci serait la dernière, enfin c'était ce qu'il avait dit, sûrement des paroles en l'air comme d'habitude.... Je soupirais de nouveau.

J'examinais la pièce dans laquelle je me trouvais : rectangle, de taille moyenne, mon lit se trouvait à gauche de la porte et en face, mon bureau ; de l'autre côté il y avait mon armoire et une bibliothèque, sur le sol mon tapis et enfin devant moi une grande baie vitrée avec un balcon. Je me levais pour aller dehors. Du haut de ma chambre je pouvais voir une forêt en contrebas et juste en lisière un petit étang. J'inspirais à fond, appréciant le calme de l'endroit et la fraîcheur de la nuit sur mes bras nus. Au bout d'un moment, je m'arrachais de l'état de tranquillité dans lequel j'étais pour ranger mes affaires et tenter de rendre la pièce plus confortable. Une fois que ce fut terminé, je descendis en bas rejoindre mon frère.

-          Oh Lira! Comment tu trouves la maison?

-          Ça peut aller, répondis-je ne souhaitant pas m'étendre sur le sujet

-          D'accord... t'as pris quelle chambre ?

-          Celle que tu m’avais choisie.

-          Ok! Bon je vais m'installer aussi. Tu peux préparer à manger?

-          Bien sûr

Sur ce, il monta et j’allai dans la cuisine. Quelques minutes plus tard, je l'appelai puis nous mangeâmes en silence.

-          C'est très bon sœurette! Dit-il

-          Merci... c'était tout simple

Le silence s'installa de nouveau mais j'étais sûre qu'il voulait me parler de quelque chose vu comment il s'agitait il n'y en avait aucun doute.

-          Lira? Me demanda-t-il enfin

-          Hum...

Il grimaça : il détestait quand je faisais ça.

-          Je... écoute, je suis sûr que tout se passera bien.

-          Sûrement...

-          Je suis désolé d'avoir dû déménager de nouveau mais tu sais que c'est pour ton bien, n'est-ce-pas?

-          Oui...

Evidemment que je le savais, il n'empêche que je n'aimais pas vraiment ça... Quand comprendra-t-il que ça ne changera jamais?

Nan, en fait il comprenait mais il ne voulait pas se l'avouer.

-          Tu as fini Matt?

-          Euh oui...

-          Tu peux remonter, je vais débarrasser.

-          Pas question. Tu as fait à manger je m'occupe de ranger.

-          Mais...

-          Pas de discussion! File!

-          Oui, monsieur.

Je retournai dans ma chambre et m'allongeai sur mon lit. Finalement, je me levais pour m'installer devant ma coiffeuse et examinai le reflet que me renvoyait le miroir. Soupir. J'entendais déjà les critiques qui allaient me tomber dessus.

L'image devant moi avait des cheveux longs, bouclés et argentés, principale cause de mes tourments ; des yeux verts, pétillants autrefois mais qui maintenant avaient perdus tout éclat, et un visage plutôt fin d'une pâleur assez inquiétante. Je ne doutais aucunement que je ne passerais pas inaperçue dans deux jours lorsque j'irai au lycée, à ma grande peine. J'entrais en seconde avec 5 mois de retard, Matt lui allait à la fac.

Mettant fin à mes réflexions, je me levais en secouant la tête, pris un pull dans mon armoire puis descendis.

-          Où vas-tu? M'intercepta mon frère lorsque je franchis le seuil de la porte d'entrée.

-          Faire un tour, près de l'étang derrière.

-          Ne rentre pas trop tard, il fait déjà nuit.

-          Ne t'inquiète pas je sais me défendre.

Enorme mensonge puisque ma force ne dépassait pas celle d'un enfant de 3 ans.

Contournant la maison, je suivis la pente douce qui menait à la petite étendue d'eau. Lorsque je fus sur le bord je m'assis les genoux contre la poitrine, les bras autour et mon menton dessus.

Pendant que je contemplais la surface plane de l'eau devant moi, une larme coula le long de ma joue, puis une deuxième la rejoignit et finalement ce fût un flot incessant qui se déversa des mes yeux. J'enfouis mon visage dans mes bras et me laissai complètement aller.

Je me levai pour me calmer puis mis un peu d'eau sur mon visage pour éviter que me frère ne remarque mes yeux et mon nez devenus rouges.

Rentrée à la maison, je me précipitai en haut prétextant vouloir prendre une douche, ce qui était vrai. Dans la salle de bain, je démarrai la douche, me déshabillai et me glissai sous le pommeau. Je soupirais d'aise quand la chaleur liquide entra en contact avec ma peau, chassant les dernières traces de larmes. M'enroulant dans une serviette je partis dans ma chambre, à l'intérieur je me séchai les cheveux, mis une culotte et rentrai dans mon lit.


 

    
  


Par Lira - Publié dans : New Dawn - Communauté : Romans en ligne
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Jeudi 20 août 2009 4 20 08 2009 17:55

 






Je détestais le dimanche : il n’y avait vraiment rien à faire. L’université était fermée, et je ne savais pour quelle raison, mais c’était le jour où tout le monde à la résidence était encore plus barbant que d’habitude. J’aurai pu assister à la présentation de Natasha, mais le conseil ne permettait pas ma présence, considérant cette réunion comme « top secrète ». Ridicule. Plus rien n’était secret a notre époque, tout le monde se disait tout. Et ce soir même Natasha ou Dylan m’aurait raconté le pourquoi de la chose.

Il était seulement 9h10 et je sentais que ma journée allait être d’un ennui total.

Je revenais de la porte de la salle de réunion, où on m’avait laissée plantée, vers ma suite. A une dizaine de mètres de ma porte, j’entendis mon portable sonner. Je me hâtai, et en entrant, découvris William avec juste une serviette autour de la taille et les cheveux trempés, mon téléphone à la main, qui semblais pris dans l’horrible dilemme du « je décroche ou je ne décroche pas ? »

-          Ton portable ! me cria-t-il en se jetant sur moi dès que j’ouvris la porte.

-          Merci, lui dis-je

Je regardais brièvement l’écran avant de décrocher. Le numéro qui s’y affichait m’était inconnu. « Les affaires reprennent ! » me dis-je. Comme William entrait dans le dressing pour s’habiller, j’entrai dans la salle de bain et m’enfermai à clef.

-          Allo ?

-          Je suis bien en relation avec la dénommée Eve ?

-          Oui, c’est bien moi.

Il n’y avait qu’une sorte de personne pour qui je répondais au prénom d’Eve.

-          J’aurai besoin de vos services dans les plus brefs délais.

-          Aujourd’hui, à 10 heures, place de la Gare. Vous répondrez au nom de M. Blanc. Vous porterez une écharpe, dont je vous laisse le soin de choisir la couleur.

-          Rouge.

-          C’est parfait. A tout à l’heure M. Blanc.

 

Quand je sortis de la salle de bain, William sortait du dressing. J’y entrai alors, mis un jean, un T-shirt manches trois quart à colle roulé et enfila ma veste en cuir. Je m’assurai que William ne me voyait pas et sortie un paire de bas du fond de mon tiroir prévu à cet effet, le déroulai et en sorti une petite clef dorée. Vérifiant toujours que William ne me regardait pas, j’ouvris mon tiroir personnel, pris un sac plastique qui s’y trouvait et le fourrai dans mon sac à main. Je refermai le tiroir, cachai la clef et m’apprêtai à sortir. C’est alors que je fus coupée dans mon élan par la voix suspicieuse de mon fiancé.

-          Je peux savoir où tu vas habillée comme ça ?

A la résidence, nous n’avions pas l’habitude de porter, comme les humains, des vêtements de tous les jours. Nous portions des vêtements plutôt classes, les femmes en robes et les hommes en costume. Mais depuis quelques années il n’était pas rare de croiser le matin ou en fin d’après midi un jeune se rendant ou rentrant du lycée, habillé d’un jean. Mais nous étions un dimanche. Et je n’étais pas une de ces jeunes.

-          Je sors faire quelques courses. Je n’en ai pas pour longtemps.

-          Mais nous ne sommes pas autorisés à sortir !

-          Oh lâche-moi un peu ! Toute la résidence est au courant de mes sorties quotidiennes. Ils s’y sont fait et il est temps que tu t’y habitues toi aussi. Et je ne suis pas la seule à sortir... Natasha va travailler à l’université, Seth et son groupe font la tournée des bars le soir, et j’en passe et des meilleurs !

-          Mais eux ont l’autorisation du sous-conseil. Et tu ne passe pas inaperçue...

-          Tu veux parler de mes cheveux ? Mais comment peux-tu être aussi fermé à tout ce qui t’entoure ?! A l’université ça ne choque personne ! Ou ceux qui l’ont été s’y sont fait. Mais on dirait qu’ici, tout le monde est décidé à me retenir prisonnière, comme si je vous appartenais ! Je ne suis pas l’une des vôtres, je ne suis pas née ici comme toi. Alors si le fait que je vive ici vous pose des problèmes d’éthique à toi et ta « petite communauté », je partirai sans broncher, pour ça ne te fais aucun soucis !

-          Excuse-moi... mais je m’inquiète pour toi. Tu attires l’attention. Tu fascines.

-          Ne t’inquiète pas pour moi, je gère très bien ma vie à l’extérieure.

S’avouant vaincu, il me laissa passer sans un mot, mais l’air déçu de perdre peu à peu la femme qu’il aimait.

 

Je descendis les escaliers et traversai le hall d’un pas rapide pour que personne ne m’interroge sur la façon dont j’étais habillée ou sur que j’avais l’intention de faire. Par chance pour moi les membres du conseil et du sous conseil ne trainaient pas par là, étant donné qu’ils étaient à la conférence de Natasha.

Je montai dans ma Mini et démarrai sans plus attendre. J’arrivai à 9h45 à la place de la Gare, cherchai une place et me garai non loin du café de la Gare. J’inspectai la place, mais mon homme n’était pas encore arrivé. Je pris alors le sac plastique que j’avais mis dans mon sac à main, sorti la perruque et les lunettes de soleil qui s’y trouvaient et, grâce au miroir du pare soleil de la voiture, me préparai. Avec cette perruque je ressemblais à une danseuse de cabaret : carré cour et frange, couleur noire. La ressemblance était encore plus frappante alors que j’appliquais mon rouge à lèvre rouge. Ici je pouvais me préparer sans risque d’être observée, car les vitres de ma voiture étaient teintées. Je mis mes lunettes de soleil, et sorti de ma voiture. Le soleil commençait à percer les nuages. Je m’installai alors à la terrasse du café sous un parasol, ainsi protégée des rayons dangereux pour ma peau. Bien que nous ne fussions qu’en hiver, je ne préférais pas prendre de risque.

Un serveur s’approcha de moi

-          Vous désirez ?

-          Je ne vais pas commander maintenant, j’attends quelqu’un.

-          Très bien.

A 9h55 j’aperçu un homme portant une écharpe rouge se diriger vers la place. Il s’assit sur un banc et regarda sa montre. Je pris alors mon portable et appela le numéro qui m’avait appelé ce matin. Une sonnerie...deux sonneries. L’homme à l’écharpe rouge pris son téléphone dans le poche de son blouson et s’empressa de décrocher.

-          Oui ?

-          Je suis à la terrasse du café de la Gare.

Je m’assurai qu’il m’avait bien vu mon téléphone à la main, et lorsqu’il se leva et si dirigea vers moi, je le rangeai.

-          Rebonjour, monsieur Blanc.

Le serveur de tout à l’heure réapparut.

-          Vous désirez ?

-          Je vais prendre un double expresso.

Le serveur se tourna alors vers moi.

-          Je ne vais rien prendre.

Il fit une grimace agacée, et s’en alla. Il avait l’habitude de me voir accompagnée ici sans que je ne consomme rien.

-          Alors, qui est notre homme ? M’enquis-je auprès de mon potentiel client. Ou femme peut être ?

-          Non homme, me dit-il en faisant glisser une photo sur la table.

La photo avait été prise de nuit et l’éclairage n’était pas bon. Mais je pouvais distinguer un homme aux cheveux longs, raides et noirs, une arme à la main. D’autres hommes se trouvaient derrière lui en arrière plan et il la photo ne semblait pas avoir été pris contre son gré. La personne qui avait prise cette photo et la futur victime potentielle devaient sûrement se connaitre, voir travailler ensemble. Mais mon travail m’interdisait de poser la moindre question à mon client, mis à part bien sur l’endroit où se trouvait la personne à tuer. Il en était de même pour le client. Je ne répondais à aucune de ses questions sur mes méthodes.

-          Comment vous allez faire ça ?

-          Tout ce que je peux vous dire c’est qu’il n’y aura aucune trace, rien. La seule arme que j’utilise ne laisse pas de marque connue par nos services de polices sur le corps de la victime. Vous n’avez donc pas à vous inquiétez. Avant de s’intéresser au pourquoi de la mort, la police devra d’abord savoir comment il a été tué, ce qui n’arrivera pas de si tôt. Faite moi confiance, c’est tout ce que je vous demande.

-          Très bien. Vous pouvez faire ça quand ?

-          Dès ce soir. Il me faut juste son lieu de résidence.

-          Et bien, il vit au 253, rue Général Bismarck. Il y vit seul mais travaille de nuit. C’est pour ça que je vous ai contacté un dimanche. Normalement il ne travaille pas ce soir mais il est plutôt du genre insomniaque, alors j’espère que vous pourrez vous débrouiller.

-          Ca devrait aller... combien me proposer vous pour ce type ?

Il ramassa la photo puis fis glisser jusqu’à moi une enveloppe. Je l’ouvris et inspecta brièvement son contenu : 10 billets de 200 dollar. Je lui tendis la main et il la serra

-          Le travail sera fait en temps et en heure. Sauf cas extrême, nous ne nous reverrons pas. Au revoir monsieur Blanc.

-          Au revoir.

Je me levai et quittai le café, contente d’avoir trouvé une distraction pour la nuit.

Comme je n’étais pas censée sortir de la résidence, je ne recevais pas de solde pour mon travail effectué là bas. Quand nous avions besoin d’un nouveau téléphone portable, ou d’une nouvelle robe, nous demandions de l’argent au conseil. Depuis des générations nous avions accumulés une énorme fortune, qui permettrait sans problèmes aux derniers d’entre nous de vivre correctement. Nous vivions en communauté et tous travaillaient pour tous. Nous n’avions donc pas besoin de recevoir de salaire. Excepté les jeunes qui recevaient de l’argent pour s’acheter des vêtements « normaux » et des manuels scolaires. Alors je faisais ce travail et mettais de l’argent de coté car je ne comptais pas dépendre éternellement de la résidence. De plus, comme j’allais à l’université alors que le conseil ne le permettait pas, je devais m’acheter moi-même mes vêtements pour sortir.

Il était 3h30 du matin et j’étais en train de patrouiller dans la forêt. Nous travaillions généralement en binôme, un chassait et l’autre le couvrait. J’avais feins d’avoir repéré un ennemi et m’étais mis à sa « poursuite ». J’étais partie si vite que aucun de ceux qui était avec nous n’avait osé me suivre. En réalité je me dirigeais vers la lisière de la forêt, où j’avais garé ma voiture avant le diner. Si je disparaissais une demi-heure j’avais la certitude que personne ne s’en rendrait compte.

Grâce à mon GPS je trouvai la route sans problème. Je me garai deux rues plus loin et arrivai jusqu’au 253 à pied. La rue était déserte, ce qui arrangeait grandement les choses. Je n’eu aucun problème à crocheter la serrure, de modèle ancien, et m’introduisis sans bruit dans la maison silencieuse. Je montai l’escalier qui se trouvait en face de moi. Une fois dans le couloir, je me trouvai face à 3 portes. Je trouvai sans difficulté la chambre de ma victime. Il me suffisait de passer près d’un mur ou d’une porte pour que je sente la présence de quelqu’un. Par chance pour moi, la porte était entrouverte ; car bien souvent le bruit de la poignée réveillait les personnes au sommeil léger. J’entrouvris la porte, qui, encore un coup de bol ne grinça pas, et me glissa à l’intérieur de la pièce. Je m’approchai du lit et examinai la personne qui s’y trouvait : c’était bien mon homme. Ses draps ne couvraient que ses jambes et il ne portait qu’un caleçon. Je pu ainsi contempler un corps magnifique, musclé, aux lignes parfaitement dessinées. J’avançai encore un peu et posai mes yeux sur son visage, et en profitai pour le contempler à son tour : bouche fine, visage carré et yeux en amandes ; il avait tous les traits d’un amérindien mais sa peau était claire. « Arrête de rêvasser ! Finissons-en ! » Me dis-je. J’approchai doucement ma bouche de son cou. C’était comme ça que je tuais mes victimes : je les mordais. Classique, vu que j’étais un vampire. Mais je n’étais pas pour autant inconsciente : je découpais ensuite un rectangle de chair autour de la morsure, ce qui intriguait beaucoup les médecins légistes et ne les faisait jamais remonter jusqu’à nous, les vampires, ou jusqu’à mes clients. Bien sur personne n’était au courant de mes agissements. Si quelqu’un de la résidence venait à apprendre que je me nourrissais de sang humain, je serais exécutée sur le champ. 

D’habitude je n’avais aucun problème pour tuer un humain. Mais celui-là était différent. Il sentait bon... j’étais comme envoutée par l’odeur de sa peau... Cet homme dégageait quelque chose, je ne saurais dire quoi.

Soudain, ses yeux s’ouvrirent et mon cœur fit un bond dans ma poitrine. Il tourna sa tête vers moi et me regarda droit dans les yeux. Ses yeux étaient d’un noir profond, sans fin. Il se leva à une vitesse incroyable pour quelqu’un qui venait de se réveiller. Etrangement, il ne semblait pas effrayé par moi, ni même étonné qu’une inconnue soit chez lui, dans sa chambre, en pleine nuit. Prise de panique, je fis quelques pas en arrière avant de me retrouver contre le mur. Je sorti mon 9 millimètres alors qu’il s’avançait vers moi, et lui tirai 5 balles dans le torse. Il s’écroula par terre ; j’ouvris la fenêtre,  sautai dans la rue et courrai jusqu’à ma voiture.

« Merde mais meeeerde !!! Pourquoi ça à foiré ? Je ne comprends pas comment a-t-il pu se réveiller ? D’après sa fréquence cardiaque il était en sommeil profond. Encore heureux que j’avais mis mon silencieux. Bon au moins il est mort c’est le principal. Avec trois balles dans le cœur, et le reste dans les poumons, ça devrait faire l’affaire. »

 

            De nouveau dans la forêt et remise de mes émotions, je me mis à chercher Katherine, mon binôme, que je trouvai sans problème.

-          Dis donc, tu en as mis du temps ! Tu l’as eu au moins ?

-          Non il m’a semé, mais j’en ai profité pour passé à la résidence pour...aller au petit coin. Désolée de t’avoir abandonnée !

-          Oh pas de problème ! Je peux bien survivre sans toi quelques minutes. De toutes façon se soir il n’y a rien a chassé et les Mortegos ne se montrent pas beaucoup ces temps-ci ; ou les seuls qui croisent notre route sont froussards et très rapides ! Me dis-t-elle en rigolant.

-          C’est vrai... répondis-je avec un sourire gêné

-          Bon on y va ? Je suis crevée et puis la nuit dernière on a fait des heures sup’ ! On sera bien excusée si on fini plus tôt cette fois.

-          Oui tu as raison. Moi aussi je suis crevée.

En réalité je n’étais pas fatiguée, mais je n’étais pas du tout d’humeur à tuer de nouveau ce soir.

 

Arrivée à la résidence, je descendis au sous sol, l’ « atelier » comme on l’appelait.

-          Hey mais voila la plus belle !

-          Salut les gars. Blake j’aurais besoin de chargeurs.

-          Quoi ? Mais tu es venue en chercher trois il y a deux jours ! Où peuvent bien aller toutes ces balles, bon sang ? Dis-t-il en rigolant.

-          Ha si tu savais...

-          Je te prépare ça.

-          Merci. Où est Dylan ?

-          Dans le fond.

Je voulais en apprendre plus sur le mystérieux exposé de Natasha et vu que Dylan avait été présent, il pourrait m’en parler. De plus, si elle avait demandé sa présence, c’est qu’il s’agissait probablement d’un projet sur une arme, ce qui m’intéressait d’autant plus.

-          Alors c’est classé secret défense ou bien j’ai droit à quelques infos ?

-          Tu ne changeras jamais Kya... Tu devrais travailler avec nous.

-          Non merci, je préfère être sur le terrain.

-          C’est marrant que William te laisses faire ce genre de boulot...

-          Il n’a pas son mot à dire. Et puis, il faut bien que je me divertisse un peu dans cette baraque miteuse !

-          Oui mais il n’y a que dans cette « baraque miteuse » que nous pouvons être ce que nous sommes...

-          Mmh...

Cette réponse était censée lui faire comprendre que je ne voulais plus parler de ça mais de ce pour quoi j’étais venue. Et le message passa très bien.

-          Bon je parie que tu es venue pour ça.

Entre son pouce et son index se trouvait une sorte de balle que je n’avais jamais vue auparavant. Je la pris dans la main pour l’examiner : elle était de la même taille que les cartouches de mon semi-automatique, mais sa forme était plus élancée, et son bout plus « pointu » : c’était une balle perforatrice. La douille était en verre et l’intérieur de la balle était d’une couleur bleu-violet.

-          Mais qu’est ce que c’est que ça ?

-          Des UV.

Je levai les yeux et le regardai d’un air intrigué. D’un coût, mes pensées s’éclaircirent et un large sourire se dessina sur mon visage

-          Vous êtes des génies !!! Je peux l’essayer ?!

Je trépignais d’impatience comme une enfant qui s’apprêtait à recevoir un cadeau.

-          A vrai dire celle-ci n’est qu’un prototype. Et elle ne peut pas être utilisée avec nos armes classiques, dans lesquelles les balles explosent avant la sortie du canon.  Nous somme en train de concevoir une arme qui projettera la balle dans le corps de la victime. Et ce n’est qu’à ce moment là qu’elle explosera. Comme pour les grenades, il y aura un retardement avant l’explosion. Nous l’avons fixé à 5 secondes. Les UV se libèrerons alors dans le corps, brulant tout ce qui se trouve dans une sphère de 50 cm autour de la balle.

-          Avec ça plus besoin de viser exclusivement la tête ! C’est génial ! Surtout préviens moi dès que vous avez fini, je veux être la première à l’essayer !

-          Evidemment, qui d’autre ?

 

Je lui tendis la balle, lui rendis son sourire,  et m’en allai, saluant au passage les gars de l’ « atelier ».

 

Par Kya - Publié dans : New Dawn - Communauté : manuscrits en ligne (romans)
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09.08.09
Il y a un an, en découvrant le film "Underworld", Eve, 18 ans devient fascinée par les vampires. Elle partage cette passion avec Raphaëlle, 15 ans. A elles deux, elles vont se créer un univers. Trois mois plus tard, Raphaëlle se met à lire Twilight, et, inspirée, commence à écrire sa propre histoire. Lorsqu'elle en parle à Eve, celle-ci lui propose alors d'en faire un roman mettant en scène le monde et les personnages Lira (Raphaëlle) et Kya (Eve) qu'elles avaient imaginées ensemble : New Dawn...
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